Festival de Cannes 2019 : un vent de renouveau et des zombies

La 72e édition, qui ouvre mardi, fait la part belle aux jeunes cinéastes, tandis qu’on note une forte présence de morts-vivants parmi les films. Avec Almodovar, Jarmusch, Tarantino, Loach ou encore les Dardenne, les vétérans seront aussi à l’honneur.

Ils sont huit. Quatre réalisatrices, autant de réalisateurs. La parité dans la nouveauté. Justine Triet, Mati Diop, Jessica Hausner, Céline Sciamma, Ira Sachs, Diao Yinan, Ladj Ly et Corneliu Porumboiu vont pour la première fois concourir pour la Palme d’or lors de la 72e édition du Festival de Cannes, qui débute mardi 14 mai. Une édition que Thierry Frémaux, délégué général, a qualifiée de « romantique et politique » et qui s’ouvrira sous le signe des zombies – une des tendances fortes de cette année – avec le nouveau film de Jim Jarmusch The Dead Don’t Die et son impressionnant casting : Adam Driver, Selena Gomez, Danny Glover, Bill Murray, …

Si certains des huit « nouveaux » sont des habitués des sections parallèles, Mati Diop et Ladj Ly débarquent sur la Croisette, chacun avec un premier long-métrage – Atlantique pour la réalisatrice franco-sénagalaise, Les Misérables pour celui qui avait filmé les émeutes urbaines de 2005 à Montfermeil –, deux œuvres politiques enracinées dans leur époque et le vécu de leurs auteurs. La première est une chronique intime, nourrie des précédents courts-métrages de la réalisatrice, sur l’émigration vers l’Europe vue par des femmes dans une banlieue de Dakar ; la seconde, l’histoire vraie d’une bavure policière en Seine-Saint-Denis. Une scène filmée en 2008 par Ladj Ly, « l’Homme à la caméra », comme il était surnommé dans sa ville, alors qu’il s’était donné pour mission de documenter et de dénoncer les brutalités policières.Ce vent de fraîcheur qui s’annonce ne fait pas seulement bouger la Compétition officielle et Un certain regard, où six premiers films seront présentés aux festivaliers. Du côté de la Quinzaine des réalisateurs aussi, on innove. Paolo Moretti qui succède à Edouard Waintrop au poste de délégué général, a dévoilé une sélection où ne figurent pas moins de seize longs-métrages tournés par des réalisateurs qui feront leurs premiers pas à Cannes. Avec Le Daim, de Quentin Dupieux, en ouverture, et Yves, de Benoît Forgeard, pour la clôture, l’Italien a fait de l’excentricité et de l’irrévérence les deux bornes de son nouveau magistère.

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