Dans l’obscurité intimiste de l’espace Diaghilev, cadenassés derrière des vitrines et protégés par de nombreux agents de sécurité, ils scintillent de mille feux. Leurs courbes, leur magnificence attirent mécaniquement l’œil du visiteur.
Ces cinquante diadèmes sont les stars de cette exposition, orchestrée par la maison Chaumet au Grimaldi Forum. À côté de Dali, Une Histoire de la Peinture – l’autre exposition estivale – le joaillier parisien conte une autre histoire autour du thème Chaumet en Majesté. Celle d’une maison fondée en 1780 qui vient se fondre avec l’Histoire de France et, notamment, celle du premier Empire de Napoléon Ier.
Au gré des cinq chapitres (*), on y découvre 250 objets issus de quinze musées et d’une quarantaine de prêteurs privés. Des dessins, des objets d’art, des tableaux, des sculptures, des maillechorts, des archives de la maison. Et, bien sûr, les prestigieux diadèmes, symbole de souveraineté devenu celui de la féminité rayonnante, dont douze n’avaient jamais été exposés. Tantôt portés au sommet de la tête, tantôt au-dessus des sourcils, selon les époques.
Le prince Albert II et les actrices Natalie Portman, Bérénice Bejo et d’autres célébrités, présents hier pour le vernissage, n’auront pas manqué quelques pièces maîtresses. Ici, une broche de la princesse Caroline offert par le regretté Karl Lagerfeld qui, avec la feuille de roseau, sublime la joaillerie naturaliste. Plus loin, une réplique de la parure de rubis et de diamants ayant appartenu à l’impératrice Marie-Louise. Ou encore, ce diadème vert de la princesse Henckel von Donnersmarck ou même ce diadème œillets de 1907.
« Ces parures royales ou aristocratiques retracent tout à la fois l’histoire plus que bicentenaire de Chaumet, l’évolution de la création artistique du diadème et le rôle symbolique de ces joyaux qui incarnent le pouvoir, l’amour et la fête », confie Stéphane Bern, le co-commissaire de l’exposition.
Alors que ce spécialiste médiatique des cours européennes s’est attaché à raconter historiquement et sociologiquement le bijou, son acolyte, Christophe Vachaudez, lui, a dépoussiéré les archives et endossé le costume d’enquêteur pour retrouver la trace de certains trésors cachés.
