L’Irlandais Darragh Kenny a remporté samedi soir le Longines Global Champions Tour Grand Prix du Prince de Monaco. Parfait tout au long du week-end, il ponctue de superbe façon la 15e édition du Longines Global Champions Tour of Monaco – Jumping International de Monte-Carlo. Une édition marquée par le retour de l’ambiance qui a fait du concours monégasque un moment très spécial pour le monde du saut d’obstacles.

L’hymne irlandais a retenti samedi soir sur le Port Hercule de Monaco. Un hymne en l’honneur de Darragh Kenny, n°8 mondial, vainqueur au terme d’un barrage à six du Longines Global Champions Tour Grand Prix du Prince de Monaco, bouquet final de la 15e édition du concours monégasque. Sur Idalville d’Esprit, BWP de 13 ans, l’Irlandais a réussi un week-end exceptionnel. Sans faute jeudi et samedi dans les deux manches de la Global Champions League, et encore double sans faute samedi soir dans le Grand Prix, le couple a rayonné pendant les trois jours. Le chef de piste italien Uliano Vezzani avait pourtant concocté un parcours très délicat (13 obstacles, 16 sauts). Seuls six couples réussirent d’ailleurs à franchir le premier tour sans point au compteur. Au barrage, Olivier Philippaerts prit d’abord la tête avant de laisser l’avantage à l’Autrichien Max Kühner qui crut un temps décrocher son premier succès sur le circuit LGCT. Mais avant-dernier à s’élancer, Kenny allait anéantir ses espoirs.
Déjà en tête à mi-parcours, l’Irlandais, n°8 mondial, réussissait une superbe dernière ligne pour venir s’emparer de la victoire et succéder au Néerlandais Maikel Van der Vleuten. Il signe son deuxième succès sur le circuit LGCT, après Chantilly, en 2019 et remporte au passage le « golden ticket », synonyme de qualification automatique pour la Super finale de Prague, en novembre prochain. « C’est fabuleux ! s’est-il exclamé. Mon cheval a sauté de façon incroyable ce week-end. Je ne l’ai que depuis le mois de février. Ces dernières semaines, je n’avais pas eu de réussite dans les Grands Prix à Rome et La Baule en faisant souvent une faute. J’ai dit à mon propriétaire que je devais juste mieux monter et que le cheval sauterait mieux. » Avec Eic Coriolis des Isles, Selle Français de seulement 9 ans, Kühner prend la deuxième place. « J’ai ce cheval depuis deux ans, explique-t-il. On a tout de suite vu qu’il pouvait tout faire. Il apprend vite, il a bon esprit, il aime sauter, il ne stresse pas, on est sur le bon chemin. » Sur la troisième marche du podium, Olivier Philippaerts, sur sa fidèle H&M Legend of Love, a pu saluer de la plus belle des manières la mémoire de Parco, disparu il y a quelques jours, cheval de la famille, vainqueur à Monaco, en 2006, lors de la première saison du LGCT, alors sous la selle de son père Ludo. Plus rapide mais coupable d’une faute avec Theodore Manciais, l’Américain Spencer Smith termine au pied du podium, juste devant Edwina Tops-Alexander avec Identity Vitseroel, et Alberto Zorzi, Clarina.
Au classement du circuit Longines Global Champions Tour, Edwina Tops-Alexander, cinquième samedi, fait la très belle opération de la soirée. Elle s’empare en effet de la première place avec désormais trois points d’avance sur le Suédois Peder Fredricson et onze sur le Britannique Ben Maher. « Je suis très heureuse de ce Grand Prix et de la performance de mon cheval sur un parcours qui était très difficile, déclare-t-elle. Cette première place au général est le bonus de la soirée. C’était mon dernier concours avant les Jeux olympiques de Tokyo. » Victorieuse du classement général en 2011 et 2012, l’Australienne, déjà deuxième à Stockholm, semble bien revenue au tout premier plan. Prochaine étape, à Berlin, du 22 au 15 juillet.

GLOBAL CHAMPIONS LEAGUE : LES PARIS PANTHERS AVEC PANACHE
C’est ce qui s’appelle un triomphe. Seule équipe à 0 point après la première manche disputée jeudi soir, le duo des Paris Panthers, composé de l’Irlandais Darragh Kenny et de l’Égyptien Nayel Nassar a confirmé samedi sa suprématie. Et en y ajoutant la manière ! Derniers sur la liste de départ, les deux hommes partaient avec une avance de douze points. Malgré ce grand confort, Nassar (avec Igor van de Wittemoere) et Kenny (avec Idalville d’Esprit), réalisaient à nouveau deux tours parfaits pour finir avec 0 point au compteur. Juste parfait. « C’est fantastique s’est réjouit le team manager Rob Hoekstra. Avec notre avance, la consigne était d’assurer les sauts sans trop se soucier du temps. Les gars ont parfaitement appliqué le plan et les chevaux ont été formidables. » « Sur un parcours comme celui-ci, il faut des chevaux avec beaucoup de puissance, poursuit Nayel Nassar. Cette victoire très convaincante prouve qu’ils en avaient. »
Derrière les intouchables Paris Panthers, les Monaco Aces ont conservé leur deuxième place grâce au sans faute de Jos Verlooy (Jacobien Dwerse Hagen) et malgré les 8 points de Julien Epaillard (Billabong du Roumois). Le podium est complété par les St Tropez Pirates (Michael Pender, Pieter Devos), déjà vainqueurs la semaine précédente à Paris, sous la Tour Eiffel (avec Olivier Robert et Dani G. Waldman).
Au classement général de la Global Champions League, les Valkenswaard United, en difficulté après la première manche jeudi mais plus à leur avantage samedi (sans faute d’Alberto Zorzi et 4 points d’Edwina Tops-Alexander) conservent la tête après 7 des 15 étapes du circuit.
En individuel, le Rhône-alpin Olivier Perreau a réalisé une démonstration avec sa jument Selle Français GL Events Venizia d’Aiguilly, et s’est imposé avec 24 centièmes d’avance sur le Néerlandais Johnny Pals (Fernando) et près d’une seconde sur l’Espagnol Sergio Alavrez Moya (Alamo).
CSI2* : CARTON PLEIN POUR LE CLAN GOCHMAN
La famille Gochman se souviendra probablement longtemps de ce samedi monégasque. Sur le Grand Prix du CSI 2* (1,45m), Mimi Gochman, 16 ans, championne d’Amérique du Nord junior en 2019, s’est offert deux places sur le podium. Au terme du barrage à 6, elle s’impose avec Celina BH et monte sur la troisième marche avec Gigi’s Girl BH. En selle sur Cornwall BH, la Britannique et gérante des écuries Gochman, Amanda Derbyshire, s’intercale à la 2e place « Cette victoire me fait vraiment du bien, se réjouit la gagnante. Nous étions totalement en phase l’un avec l’autre et j’ai directement senti que nous pouvions gagner cette épreuve. Je monte Celina BH depuis 3 ans donc nous nous connaissons bien. Même si je vais quelques fois sur les étapes du Longines Global Champions Tour ça reste toujours un moment spécial pour moi. Ce sont des concours extraordinaires ! »
Représentante monégasque, Anastasia Nielsen, 15 ans, termine à la 4e place avec Giro de la Luna.
Sur les obstacles à 1,30m, c’est cette fois la championne nord-américaine jeunes cavaliers 2019, Sophie Gochman, qui n’a pas fait dans la demi-mesure sur Carola BH. Avec près de trois secondes d’avance dans un barrage à 10, la cavalière a dominé la représentante de Monaco Salomé Panizzi, très belle deuxième avec Ulakhani Villa Rose, et la Tchèque Anna Marie Vitek sur Chacco’s Amke. Vitek avait déjà remporté un peu plus tôt l’épreuve à 1,15m, sur Mama Mia Picobello Z, à l’issue d’un barrage à 10. La jeune fille de 14 ans avait dominé sa grande sœur Kristina, 15 ans (Kamirez van Orchid’s). Victorieuse de deux épreuves depuis le début du concours, la Britannique Isabella Beecroft-Luckett (Vanda Cartier) avait pris la troisième place.
NATIONAL : TIFFANY MIGUERES LOIN DEVANT
Réservé aux cavaliers de la Principauté, le Prix Fédération Équestre de la Principauté de Monaco/Cavalleria Toscana a confirmé les résultats de vendredi. Sur les barres à 1,05m, Tiffany Migueres s’est à nouveau imposée avec Silvery d’Aubain en devançant de 5 secondes Marine Allavena (Erakis des Forestiers) et Freyas Banks Clark (Dajesca). En ouverture de la journée, Margaux de Coninck s’était montrée la plus rapide sur l’épreuve à 0,70m avec Free Stayerhof’s VIP devant Allegra Banks Clark (Lola) et Adriana Ladow (Lola).

Présentation des équipes monégasques par Madame Diane Fissore, Présidente du Concours et de la Fédération Equestre de la Principauté de Monaco à S.A.S le Prince Albert II de Monaco et Madame Charlotte Casiraghi.©LGCT
Présidente du concours mais aussi de la Fédération Equestre de la Principauté de Monaco, Diane Fissore était très heureuse au soir de la dernière épreuve de cette 15e édition du LGCT – Jumping International de Monte-Carlo. « Ce concours est un peu un miracle, confie-t-elle. L’organisation n’a pas été facile. Il y a encore deux mois on ne savait pas si l’événement pourrait réellement avoir lieu. Nous avons dû faire en quelques semaines ce que nous faisons normalement en 6 ou 8 mois. J’ai la chance d’avoir une équipe formidable qui a rendu cela possible. Les pouvoirs publics ont aussi été d’une grande aide. Je tiens évidemment à remercier tous les partenaires, à commencer par Longines. Nous avons également Fayat Monaco, promoteur et constructeur dans la Principauté, pour la première fois partenaire de l’événement, mais aussi le Casino de Monte-Carlo. Nous avons besoin de tous ces partenaires. Leur fidélité est primordiale et je leur en suis très reconnaissante. Nous nous devons de savourer le moment ! »
Grande satisfaction aussi de voir sur la piste de plus en plus de cavaliers représenter la Principauté. « En 2019, il y avait déjà beaucoup de cavaliers monégasques mais nous n’avions pas encore d’équipe. Certains d’entre eux participaient encore aux épreuves nationales avec des barres à 80cm et là, dans un mois, ils partent aux championnats d’Europe. C’est une très belle évolution ! Tous ces jeunes sont l’avenir et nous devons commencer à les préparer dès maintenant. Même si nous sommes les organisateurs du Jumping, nous restons avant tout une fédération qui fonctionne tout au long de l’année. Nous sommes partis de rien en 1995 et en 2021 nous administrons entre 270 et 300 chevaux et près de 90 membres. Ce sport se démocratise à Monaco. C’est aussi une histoire de transmission car nous avons aujourd’hui les enfants de ceux qui étaient déjà présents au moment de la création de la Fédération. C’est d’ailleurs pour cela que nous sommes très actifs car nous voulons et devons garder cette dynamique et continuer à nous professionnaliser. »
